L’Assemblée des experts a désigné le religieux Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de Iran, quelques jours après la mort de son père, Ali Khamenei, survenue le 28 février 2026. L’annonce a été relayée par les médias d’État iraniens, confirmant une transition rapide à la tête de la République islamique.
La décision a été prise par l’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé de nommer et de superviser le guide suprême. Composée de dignitaires religieux élus, cette institution détient l’autorité constitutionnelle pour désigner la plus haute autorité politique et religieuse du pays.
Âgé d’une cinquantaine d’années, Mojtaba Khamenei était depuis plusieurs années considéré comme une personnalité influente dans les cercles du pouvoir iranien. Bien qu’il n’occupait pas de fonction officielle majeure, plusieurs observateurs estiment qu’il exerçait déjà une influence notable au sein de l’appareil politique, notamment auprès du Corps des Gardiens de la révolution islamique.
La disparition d’Ali Khamenei marque un moment important dans l’histoire politique de l’Iran. Guide suprême depuis 1989, il avait succédé au fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeini, après la Révolution iranienne de 1979. Pendant plus de trois décennies, il a exercé une influence déterminante sur les orientations politiques, militaires et religieuses du pays.
Dans le système institutionnel iranien, le guide suprême dispose de pouvoirs étendus. Il est notamment commandant en chef des forces armées, supervise la politique étrangère et exerce une influence déterminante sur les principales institutions de l’État. Il possède également la prérogative de nommer ou d’approuver plusieurs hauts responsables, dont le chef du pouvoir judiciaire et certains membres d’organismes stratégiques.
La désignation de Mojtaba Khamenei intervient dans un contexte régional particulièrement sensible. Les tensions militaires et diplomatiques impliquant l’Iran se sont accentuées ces dernières semaines, notamment après des frappes attribuées à des forces étrangères ayant conduit à la mort de l’ancien guide suprême.
Face à cette situation, les autorités iraniennes semblent vouloir assurer une transition rapide afin de préserver la continuité du pouvoir et la stabilité institutionnelle.
Toutefois, la succession du fils à son père suscite des interrogations chez certains analystes et observateurs. Plusieurs d’entre eux évoquent le risque d’une évolution vers une forme de succession quasi dynastique, alors même que la République islamique s’était construite sur le rejet du pouvoir héréditaire incarné par l’ancien régime monarchique renversé en 1979.
Pour les autorités iraniennes, cette nomination vise avant tout à garantir la stabilité du régime et à maintenir l’équilibre institutionnel dans un contexte marqué par des tensions internes et internationales persistantes.